Publié le vendredi 10 juillet 2020 à 12h07

Mode in Africa : à la croisée des continents, des arts et des inspirations

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Véritable évènement, « Mode in Africa » est l’exposition d’art contemporain africain la plus importante en France en 2020, avec pas moins de 1 000 m² d’exposition, 130 oeuvres, plus de 20 artistes, photographes et stylistes. M. Jean-Yves AUGEL, commissaire d’exposition, nous donne un avant-goût :
 

« Mode in africa » made in Saint-de-Monts : c’est quoi ?

L’objectif de cet évènement est de mettre en avant les talents contemporains, la grande vitalité et l’inventivité de la création africaine. Cette grande exposition aborde diverses esthétiques telles que la sculpture, la photographie ou encore le stylisme avec des ensembles et robes signés de grands créateurs.


Dès l’entrée, un ensemble de tissu indigo et de wax accueillent et guident les visiteurs vers les univers des artistes. Grâce aux deux conseillers scientifiques de « Mode in Africa » - la spécialiste internationale des textiles d’Afrique Anne GROSFILLEY et l’historien Claude BOLI - la scénographie permet de comprendre l’importance et la signification des thèmes, symboles et messages véhiculés par les motifs des tissus. En parallèle, un film documentaire sera diffusé en continu. Les visiteurs rencontreront par la suite les surprenantes créations de Prince TOFFA, styliste, artiste et performeur béninois. D’ailleurs, le visuel de l’exposition « Mode in Africa » est une superbe photo de lui, vêtu d’une de ses parures. Le cliché a été réalisé par le photographe Eric BOTTERO, grâce auquel vous verrez une sélection de photographies de ces spectaculaires robes conçues à partir de matériaux de récupération. Le message est autant esthétique qu’environnemental : il montre toute la pression écologique exercée par l’occident sur le continent africain.

 

En parallèle aux réalisations de Prince TOFFA, les visiteurs découvriront les véritables créations haute couture de 15 grands stylistes originaires d’Afrique de l’ouest qui seront mises en avant sur des mannequins avec, « en miroir », leur représentation en métal peint de l’artiste sculpteur togolais Didier AHADJI.


Tout juste après les événements liés à la mort de George Floyd, est-ce une exposition militante ?

Ce projet est né en avril 2019 à l’occasion de la 29e édition de Kid’s Folies sur le thème de L’Afrique et qui avait attiré près de 11 000 visiteurs. Il n’y a donc aucun rapport avec les évènements récents. Ce qui n’exclut pas que de nombreux artistes revendiquent leur identité. En témoignent par exemple les superbes clichés en noir et blanc de la talentueuse photographe Mounia YOUSSEF, avec ses portraits de femmes arborant fièrement le cheveu naturel afro sous toutes ses formes. Autour du même thème des coiffures africaines, les sculptures Gèlèdè en bois brut taillées dans la masse par Wabi et Kifouli DOSSOU complèteront l’installation des oeuvres métalliques de Marius DANSOU et de Rémy SAMUZ. Entre notoriété, qualité et accessibilité, comment faites vous pour choisir les oeuvres d’une exposition grand public ?

 

Choisir, c’est aussi renoncer. En ce sens, c’est un travail difficile. Commissaire depuis 15 ans en France et à l’étranger, je vais à la rencontre des artistes, des galeries, des musées et des collectionneurs. L’époque des artistes maudits est, je crois, révolue. Les véritables talents ne passent plus inaperçus et en Afrique ils sont nombreux ! Cette exposition a été réalisée en partenariat avec Robert VALLOIS, éminent spécialiste de l’art contemporain, passionné par l’Afrique et notamment par les artistes béninois. C’est aussi une question de logistique. Il faut que les oeuvres soient disponibles au bon moment.

 

Et puis l’art est le fruit d’une histoire. Les inspirations se trouvent parfois dans les traditions. Un espace de l’exposition sera par exemple dédié aux Egun, des incarnations de l’esprit des revenants chez les Yoruba, et à leurs sublimes parures. Le public pourra y admirer les photographies de la célèbre photographe Catherine de CLIPPEL, à côtés des oeuvres des regrettés Ives Apollinaire PEDE et Cyprien TOKOUDAGBA.

Je regrette bien sûr que les artistes sélectionnés, vivant et travaillant en Afrique, ne puissent hélas pas venir à la rencontre du public, comme prévu initialement. Nous attendons les visiteurs avec impatience, ils seront accueillis à ODYSSÉA dans les meilleures conditions et le respect des règles sanitaires.

Du 12 juillet au 30 août ODYSSÉA - Entrée libre

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